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a deux causes de gelées printanières, dit-il, l’une la plus ordinaire, appelée gelée blanche, est due au rayonnement vers les espaces célestes ; l’autre, plus rare, est amenée par des courants polaires. La gelée blanche provient de la congélation de la rosée. On sait que la rosée n’est autre chose que l’humidité atmosphérique condensée. Elle se forme sur les végétaux, par les nuits fraîches et sereines, aux dépens du calorique des plantes, qui se refroidissent par l’effet du rayonnement vers un ciel pur et froid. Si le thermomètre continue à descendre de zéro à deux degrés plus bas, la rosée se congèle, et les bourgeons rudimentaires, encore si tendres aux premiers jours du printemps, sont plus ou moins altérés. Un nuage de fumée, le moindre abri suffisent pour empêcher ou diminuer le rayonnement. Les chaleurs précoces font alors redouter la gelée, en activant trop la végétation et en amenant des orages qui peuvent refroidir assez l’atmosphère pour attirer un désastre sur les récoltes.

Les gelées blanches sévissent spécialement sur les plaines horizontales et basses, parce qu’elles offrent directement toute leur surface au ciel, tandis que les coteaux ne présentent que la projection de cette surface, projection réduite en raison de la pente ; de plus, les plaines basses étant en général plus humides que les coteaux, il s’y joint un effet plus grand de vaporisation qui augmente l’intensité du refroidissement. Il n’en est pas de même de la seconde espèce de gelées ; elles frappent les hauteurs comme les plaines et même davantage. Ces gelées sont provoquées par des courants atmosphériques qui font naître un froid pénétrant de 3 à 4 degrés au-dessous de