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en exposant à un froid intense une sphère de cuivre remplie d’eau, en déterminèrent la rupture, bien que l’épaisseur du métal fût de 67 centièmes de pouce. Huyghens, en 1667, fit éclater en deux endroits par l’effet de la congélation de l’eau, un canon de fer ayant un doigt d’épaisseur.

M. Boussingault a voulu reproduire ces expériences devenues classiques, en essayant de faire congeler l’eau dans un cylindre d’un métal doué d’une ténacité bien supérieure à celle du fer ; un canon d’acier, par exemple, supportant, même sous de faibles épaisseurs de parois, une pression de plusieurs centaines d’atmosphères, dans les épreuves réglementaires que l’artillerie fait subir aux canons de fusils.

Nombre d’expériences furent faites par le savant physicien, et l’acier offrit une résistance suffisante pour qu’il pût constater, conformément à la prévision théorique, que l’eau enfermée dans le canon conservait l’état liquide, malgré l’abaissement de la température, et cela par suite de l’obstacle opposé à la dilatation qui accompagne son refroidissement à partir de plus de 4° 1. Dans l’une de ces expériences, le thermomètre était descendu à 24 degrés au-dessous de 0, cependant l’eau avait échappé à la congélation, ce que l’on a reconnu à la mobilité d’une bille d’acier enfermée dans le canon. Mais lorsque l’on procéda à l’ouverture du canon, à peine eut-on commencé à dévisser le couvercle que l’on vit surgir une légère végétation de givre, l’eau gela instantanément, aussitôt que la pression qu’elle supportait fut supprimée. En chauffant le canon de manière à détruire l’adhérence, l’on en retira un cylindre de glace d’une grande transparence.