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VIII.

La glace est de l’eau à l’état solide. L’eau prend cette forme à un abaissement de température qui commence à zéro et au-dessous ; cependant lorsqu’elle est parfaitement tranquille, on peut quelquefois la faire descendre à plusieurs degrés au-dessous de zéro avant qu’elle se solidifie. Les rivières ne se gèlent que par un froid de 7 à 8 degrés au-dessous de zéro et persistant.

L’eau en se congelant augmente considérablement de volume ; c’est pour cela que la glace est plus légère que l’eau.

Par l’effet de cette augmentation de volume, on a vu des canons de fer très épais, remplis d’eau et exposés à la gelée, éclater en plusieurs endroits. Lorsque l’eau qui s’infiltre dans les fissures des rochers vient à se congeler, elle fend quelquefois des masses énormes de pierre, d’où le dicton : Il gèle à pierre fendre. C’est ainsi que l’on peut expliquer les dégradations qu’éprouvent les pierres de taille, les tuyaux de conduite, les corps de pompe, etc., par l’effet des fortes gelées.

M. Boussingault a exposé à l’Académie des sciences de nouvelles expériences sur la congélation de l’eau. Il rappelle que la force avec laquelle l’eau tend à se dilater pendant la congélation est considérable, puisqu’elle doit être égale à la pression qu’il faudrait exercer sur un morceau de glace pour en diminuer le volume de 0,08. Cette force d’expansion est capable de briser les enveloppes les plus résistantes. Les académiciens de Florence,