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le reste du ciel, et qui bientôt après se répandit dans la partie où commençait à poindre la lumière du crépuscule.

Dans les appartements, l’obscurité devint telle qu’il était impossible de distinguer la place des fenêtres ; en plein air, plusieurs personnes ne purent voir ni les arbres à côté desquels elles se trouvaient, ni les contours des maisons voisines, ni même des mouchoirs blancs placés à 15 centimètres des yeux.

Ce phénomène était occasionné par la chute d’une grande quantité de poudre volcanique provenant de l’éruption d’un volcan de l’île de Saint-Vincent, et qui contenait, d’après une analyse du docteur Thomson, 91 parties de silice et d’alumine, 8 de calcaire et 1 d’oxyde de fer.

Cette pluie d’un nouveau genre et l’obscurité qui en était la conséquence ne cessèrent qu’entre midi et une heure ; mais plusieurs fois depuis le matin on avait remarqué, en s’aidant d’une lanterne, comme des espèces d’averses intermittentes pendant lesquelles la poussière tombait en plus grande abondance.

Les arbres d’un bois flexible ployaient sous le faix ; le bruit que les branches des autres arbres faisaient en se cassant contrastait d’une manière frappante avec le calme parfait de l’atmosphère ; les cannes à sucre furent totalement renversées, enfin toute l’île se trouva couverte d’une couche de cendre verdâtre de 3 centimètres d’épaisseur.

L’île de Saint-Vincent étant de 80 kilomètres plus occidentale que la Barbade, et les vents alizés dans ces parages, particulièrement en avril et mai, soufflant uniformément et sans interruption de l’est, avec une légère