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avec développement des avantages que présentent les voyages ; contentons-nous d’indiquer les rapports qu’ils ont avec le sujet qui nous occupe, c’est-à-dire avec les météores, avec les grands phénomènes de la nature.

II.

Pour bien apprécier l’atmosphère dans laquelle se passent ces phénomènes, il faut aller respirer l’air à quelques milliers de lieues de son pays ; c’est alors que l’on y découvre des trésors de poésie qui, sans cela, passeraient inaperçus pour nous.

Il semble que cet air nous apporte des nouvelles de la patrie éloignée, qu’il a été respiré par ceux qui nous sont chers, qu’il nous transmet leurs touchants souvenirs, leurs tendres embrassements. Ah ! comme le cœur déborde à ces pensées, lorsque le soir, quand tout repose, assis au bord de la mer, on rêve à la terre chérie qui a bercé notre enfance, et qu’on sent le souffle de la brise qui nous unit à travers les océans !

Que de considérations attendrissantes ne font pas naître les flots de mélancolie qui nous oppressent alors ! Et si les illusions même nous soulagent, à plus forte raison les plus faibles réalités. Il y a en effet quelque chose d’admirable et de symbolique dans l’atmosphère : l’air est constamment présent à toutes les poitrines humaines, comme Dieu à l’intelligence ; il les échauffe, les anime, les fait palpiter. Vaste mamelle, à laquelle tous les hommes, et au même instant, puisent un aliment com-