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lors même qu’ils en sont encore éloignés de plusieurs lieues.

Scoresby explique par cette illusion ce qu’on raconte de Mogens Herson, qui avait été envoyé par Frédéric II, roi de Danemark, à la recherche du Groënland.

Ce navigateur, qui jouissait dans son temps d’une grande réputation, arriva en vue de la côte, et se croyait près de l’atteindre ; mais, ayant trouvé que plusieurs heures de marche par un bon vent ne lui avaient pas fait franchir un espace qu’il supposait très petit, il crut que des pierres d’aimant situées au fond de la mer retenaient son navire ; pour échapper à ce danger imaginaire, il vira de bord, et retourna en Danemark sans avoir débarqué.

Dans une lettre au bureau du commerce, le président de la Société royale de Londres faisait remarquer que depuis quelques années, le nombre des vaisseaux construits en fer dépassait beaucoup celui des vaisseaux en bois ; l’accroissement a été surtout sensible pour les bâtiments à vapeur qui transportent les voyageurs. Dans ces vaisseaux on emploie maintenant le fer non seulement dans la construction de la coque, mais encore dans celle des ponts, des chambres, des mats, des agrès et de beaucoup d’autres parties pour lesquelles on se servait encore de bois il n’y a que peu de temps ; il en est résulté des déviations très considérables des aiguilles, qui sont probablement la cause de la perte de beaucoup de bâtiments en fer que l’on a eu également à déplorer depuis lors.