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de l’être en Europe. Il résulte de documents authentiques, que plusieurs siècles avant notre ère les Chinois faisaient déjà usage de cette aiguille pour se diriger sur le continent.

On lit dans un de leurs ouvrages, qu’un souverain de ces pays conduisit son armée à travers les montagnes inexplorées, sans jamais s’écarter de la route, parce qu’il avait sur son char un esprit qui lui indiquait toujours le sud.

Le peuple chinois, d’abord confiné au nord, poussa successivement ses conquêtes dans les contrées du sud. C’est pourquoi le pôle de l’aiguille aimantée qui se dirige vers ce point cardinal dut naturellement et de préférence fixer son attention, puisque indiquait la position des pays vers lesquels ce peuple cherchait à étendre sa domination.

Les premières boussoles ne consistaient qu’en une aiguille aimantée, soutenue par un corps flottant à la surface de l’eau dans un vase. Cette boussole grossière était connue des navigateurs sous le nom de grenouille ou calamite.

Flavio de Gioa eut l’idée, en 1303, de donner plus de précision aux indications de l’aiguille aimantée, en la suspendant sur la pointe d’un pivot fixe. C’est sans doute ce perfectionnement qui porta quelques-uns à regarder Gioa comme l’inventeur de la boussole.

De ce perfectionnement date la hardiesse des navigateurs dans leurs entreprises. C’est alors que Christophe Colomb fait connaître un nouveau monde ; que Vasco de Gama découvre une route nouvelle pour les Indes en