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répand une odeur analogue à celle de l’ail ou du phosphore ; on retrouve quelquefois cette odeur dans l’air, à l’approche d’un violent orage.

La couleur de l’étincelle électrique est ordinairement bleuâtre et rougeâtre ; mais un fait assez curieux, c’est que l’électricité s’écoulant d’un corps terminé par une pointe présente une lumière qui change dans son aspect, suivant la nature de cette électricité ; si elle est positive, elle s’échappe sous forme d’une belle aigrette lumineuse dont les rayons divergents excitent dans l’air un léger bruissement ; si, au contraire, elle est négative, on n’aperçoit qu’un point lumineux à l’extrémité du corps aigu.

Quoique l’on ne soit pas brûlé par la lumière électrique, il n’en résulte pas qu’elle soit sans chaleur ; dans beaucoup de cas, elle agit comme le feu ; ainsi l’étincelle électrique peut rallumer une bougie qui vient d’être éteinte, enflammer l’éther, l’alcool, les gaz inflammables, tels que l’hydrogène, etc.

VII.

M. de la Rive a communiqué à l’Académie des sciences un important Mémoire sur l’état électrique du globe. Il fait remarquer que dans l’état normal l’atmosphère est chargée d’électricité positive, et que cette électricité va en croissant, à partir de la surface du sol où elle est nulle, jusqu’aux plus grandes hauteurs qu’on ait pu atteindre. Le globe terrestre, par contre, est chargé d’électricité négative ; c’est ce que prouvent un grand nombre d’ob-