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Port-Royal y furent alors censurées, à cause que l’Office de la Vierge y était traduit en français, dans le même temps que les jésuites assuraient qu’à Port-Royal on ne priait point la Vierge.

Mais, pour reprendre le fil de mon discours, les jésuites ne se bornaient pas à décrier leurs adversaires sur la seule doctrine de la grâce. Il n’y avait hérésie ni sorte d’impiété dont ils ne s’efforçassent de les faire croire coupables. C’étaient tous les jours de nouvelles accusations. On disait qu’ils n’admettaient chez eux ni indulgences ni messes particulières ; qu’ils imposaient aux femmes des pénitences publiques pour les péchés les plus secrets, même pour de très légères fautes ; qu’ils inspiraient le mépris de la sainte communion ; qu’ils ne croyaient l’absolution du prêtre que déclaratoire ; qu’ils rejetaient le concile de Trente ; qu’ils étaient ennemis du pape ; qu’ils voulaient faire une nouvelle Église ; qu’ils niaient jusqu’à la divinité de Jésus-Christ, et une infinité d’autres extravagances, toutes plus horribles les unes que les autres, qui sont répandues dans les écrits des jésuites, et qu’on trouve ramassées tout nouvellement par un de ces Pères dans un misérable libelle en forme de catéchisme qui se débitait, il n’y a pas un an, dans un couvent de Paris dont ils sont les directeurs[1]. Aux

  1. « Il y a apparence que le libelle dont fauteur parle est celui qui a pour titre : l’Histoire de Jansénius et de Saint-Siran