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sitions, et s’ils avaient eu cet orgueil qui est proprement le caractère des hérétiques, ils auraient pu appeler sur-le-champ de cette décision au concile, puisque cette décision ne s’était faite que dans une congrégation particulière, et que le pape, selon la doctrine de France, n’est infaillible qu’à la tête d’un concile. Mais, comme ils n’avaient eu en vue que la vérité, et que jamais personne n’a eu plus d’horreur du schisme que M. Arnauld, lui et ses amis reçurent avec un profond respect la constitution, et reconnurent sincèrement, comme ils avaient toujours fait, que ces propositions étaient hérétiques. À la vérité, ils répétèrent ce qu’ils avaient dit plusieurs fois avant la constitution, qu’il ne leur paraissait pas que ces propositions fussent dans le livre de Jansénius, où ils s’offraient même d’en faire voir de toutes contraires.

Une conduite si sage et si humble aurait dû faire un fort grand plaisir aux jésuites, si les jésuites avaient été des enfants de paix, et qu’ils n’eussent cherché que la vérité. En effet, les cinq propositions étant si généralement condamnées, il n’y avait plus de nouvelle hérésie à craindre. C’est ce qu’on peut voir clairement dans la lettre circulaire qui fut écrite alors par l’Assemblée des évêques où la constitution fut reçue. « Nous voyons, disent-ils, par la grâce de Dieu, qu’en cette rencontre, tous disent la même chose, et glorifions le Père céleste d’une même bouche