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qu’il y eût dans le Parlement ; et ce fut principalement pour cette raison que l’Université remit sa cause entre ses mains. Il plaida cette cause avec une véhémence et un éclat que les jésuites ne lui ont jamais pardonnés. Quoiqu’il eût toujours été très bon catholique, né de parents très catholiques, leurs écrivains n’ont pas laissé de le traiter de huguenot descendu de huguenots.

Mais cette querelle ne fut que le prélude des grands démêlés que le célèbre Antoine Arnauld, son fils, docteur de Sorbonne, a eus depuis avec cette puissante compagnie. Dès qu’il n’était que bachelier, il témoignait un fort grand zèle contre les nouveautés que leurs docteurs avaient introduites dans la doctrine de la grâce et dans la morale. Mais la querelle ne commença proprement qu’au sujet du livre de la Fréquente communion que ce docteur avait composé.

Le but de ce livre était d’établir, par la tradition et par l’autorité des Pères et des conciles, les dispositions que l’on doit apporter en s’approchant du sacrement de l’eucharistie, et de combattre les absolutions précipitées qu’on ne donne que trop souvent à des pécheurs envieillis dans le crime, sans les obliger à quitter leurs mauvaises habitudes, et sans les éprouver par une sérieuse pénitence. M. Arnauld n’était point l’agresseur dans cette dispute, et il ne faisait que répondre à un écrit qu’on avait fait pour