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gers était alors à Rome pour les affaires du roi : elles s’adressèrent à lui, et le prièrent de s’entremettre pour elles auprès du pape, qui leur accorda volontiers par un bref le changement qu’elles demandaient. Mais l’affaire souffrit à Paris de grandes difficultés, à cause de quelques intérêts temporels qu’il fallait accommoder. Enfin le Parlement ayant terminé ces difficultés, le roi donna ses lettres, et l’archevêque de Paris son consentement. Elles se dévouèrent donc avec une joie incroyable à l’adoration perpétuelle du mystère auguste de l’eucharistie, et prirent le nom de filles du Saint-Sacrement ; mais elles ne quittèrent point l’habit de saint Bernard ; elles changèrent seulement leur scapulaire noir en un scapulaire blanc, où était une croix d’écarlate attachée par devant, pour désigner par ces deux couleurs le pain et le vin, qui sont les voiles sous lesquels Jésus-Christ est caché dans ce mystère. M. Du Saussay, leur supérieur, alors official de Paris, et depuis évêque de Toul, célébra cette cérémonie avec un grand concours de peuple [1647] ; et l’année suivante, M. de Gondy bénit leur église, dont le bâtiment ne faisait que d’être achevé, et la dédia aussi sous le nom du Saint-Sacrement.

Pendant cet état florissant de la maison de Paris, les religieuses n’avaient pas perdu le souvenir de leur monastère des Champs ; on n’y avait laissé qu’un chapelain pour y dire la messe et y administrer les