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Mais ce qui acheva de perdre l’abbé de Saint-Cyran dans l’esprit du cardinal, ce fut une offense d’une autre nature que les deux premières, mais qui le touchait beaucoup plus au vif. On sait avec quelle chaleur ce premier ministre avait entrepris de faire casser le mariage du duc d’Orléans avec la princesse Marguerite de Lorraine, sa seconde femme. Pour s’autoriser dans ce dessein, et pour rassurer la conscience timorée de Louis XIII, il fit consulter l’Assemblée générale du clergé, et tout ce qu’il y avait de plus célèbres théologiens, tant réguliers que séculiers.

L’Assemblée, et presque tous ces théologiens, jusqu’au Père de Condren, général de l’Oratoire, et le Père Vincent, supérieur des Missionnaires, furent d’avis de la nullité du mariage ; mais quand on vint à l’abbé de Saint-Cyran, il ne cacha point qu’il croyait que le mariage ne pouvait être cassé.

Venons maintenant à la querelle qu’il eut avec les jésuites. Elle prit naissance en Angleterre. Les jésuites de ce pays-là, n’ayant pu se résoudre à reconnaître la juridiction de l’évêque que le pape y avait envoyé[1], non seulement obligèrent cet évêque à s’enfuir de ce royaume, mais écrivirent des livres fort injurieux contre l’autorité épiscopale, et contre la nécessité même du sacrement de la confirmation. Le clergé d’Angleterre

  1. Richard Smith.