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Champs est envoyée au Parlement avec des lettres patentes, et enregistrée le 19 décembre, sur les conclusions de M. Daguesseau, procureur général, quoiqu’elle renfermât les abus et les attentats les plus criants contre les libertés de l’Église gallicane, jusqu’à déroger aux conciles œcuméniques.

1709. — Malgré les appels portés à Lyon, M. de Noailles accepte la commission que lui donne la bulle, de détruire Port-Royal-des-Champs…

Le 10 juillet, M. le cardinal de Noailles, ayant les mains liées, rend, sur une enquête si vicieuse, de l’autorité du pape et de la sienne, son décret portant extinction du titre de l’abbaye de Port-Royal-des-Champs, et réunion de ses biens à celle de Paris…

Le 7 août, le décret de Son Éminence est signifié aux religieuses de Port-Royal-des-Champs. Celles de Paris leur firent signifier le même jour un arrêt par défaut, qu’elles avaient obtenu le 3 août, par lequel ces pauvres filles n’étaient pas mieux traitées que par le décret de M. de Noailles…

Le 28 septembre, Madame de Château-Renaud, abbesse de Port-Royal de Paris, va prendre possession de Port-Royal-des-Champs, en vertu de l’ordonnance de M. de Noailles, dont il y avait appel, et de l’arrêt par défaut du Parlement, auquel on avait formé opposition. Elle prend possession le 1er octobre. Le 8, elle obtient un arrêt du Conseil, qui ordonne