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tuaire qu’elles habitaient. Sur le refus qu’elles font de retrancher cette clause, qu’elles jugent nécessaire pour mettre la vérité à couvert et leur conscience en repos, M. de Noailles s’indispose contre elles et se joint à leurs ennemis ; ce qui fut pour elles le sujet de la plus vive douleur. Dans ces circonstances, elles perdent plusieurs de leurs sœurs, entre autres la Mère prieure, Julie Baudran, et la Mère abbesse, qui, avant de mourir, nomme prieure la Mère Anastasie Dumesnil… La nouvelle prieure informe M. de Noailles de la mort de l’abbesse, et demande la permission de faire une élection ; mais Son Éminence est sourde et ne répond point.

Les religieuses, informées qu’on faisait à Rome des poursuites contre elles, écrivent au pape Clément XI le 4 août. Ce pape paraît d’abord disposé à faire juger l’affaire selon les règles ; mais les ennemis de Port-Royal le firent changer de dispositions. Les religieuses de Paris agissaient de leur côté. En conséquence d’une requête qu’elles présentèrent au roi, dans laquelle elles concluaient à la suppression et extinction du titre de Port-Royal-des-Champs, et à la réunion de ses biens à leur abbaye, en donnant seulement une pension viagère aux religieuses des Champs, elles obtinrent d’abord un arrêt du Conseil qui ordonnait au sieur Voisin, conseiller d’État (depuis chancelier), de faire la visite des deux maisons.