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bonnes qualités. Elle avait plus de goût pour la Mère Du Fargis, qui savait beaucoup mieux vivre.

— Deux partis dans la maison : l’un, la Mère Angélique, la sœur Briquet, et M. de Sacy ; l’autre, la Mère Du Fargis, M. de Sainte-Marthe, et M. Nicole. Ces derniers avaient toujours raison ; mais, pour l’union, M. de Sainte-Marthe cédait toujours.

M. Nicole dit que c’est le plus saint homme qu’il ait vu à Port-Royal. Il sautait par dessus les murs, pour aller porter la communion aux religieuses malades, et cela de l’avis de M. d’Aleth : en sorte qu’il n’en est pas mort une sans sacrements. Cependant la Mère Angélique de Saint-Jean n’avait aucun goût pour lui : et quoiqu’il le sût, il n’en était pas moins prêt à se sacrifier pour la maison.

— M. Arnauld le plus souvent n’avait nulle voix en chapitre. On le croyait trop bon : et c’était assez qu’il dît du bien d’une religieuse pour que l’on n’en fît plus de cas. Ainsi il prônait fort la sœur Gertrude ; et la Mère Angélique de Saint-Jean se retirait d’elle.

Cette Mère Angélique, à force de se confier à la sœur Christine, et de la vouloir former aux grandes choses comme une abbesse future, lui inspira un peu trop de mépris pour les autres Mères, en telle sorte qu’elle était en grande froideur pour la Mère Du Fargis, et mourut sans lui en demander pardon. Madame de Fontpertuis contribuait un peu à tout