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qui avait souvent des opinions très particulières, e toujours très attaché à ses opinions. Un jour entre autres il voulait opiniâtrement que pour défendre Jansénius, on avançât que cet auteur avait suivi pied à pied saint Augustin, et n’étant que l’historien de sa doctrine, il lui avait été impossible de s’en écarter. M. Arnauld fît un écrit où il renversait entièrement cette opinion, c’est-à-dire montrant que cette défense aurait été tournée en ridicule, n’étant pas impossible que Jansénius n’eût pris un sens pour l’autre, et ne se fût trompé, comme le prétendaient le pape et les évêques. M. de Saint-Cyran fit une réponse où il traitait ces démonstrations de simples difficultés qui ne devaient pas empêcher qu’on ne se soumît à son avis. M. Pascal leva l’embarras : il prit le mémoire de M. de Saint-Cyran, alla trouver M. Singlin, et lui dit que jamais il ne rendrait ce mémoire, qu’il traita de ridicule.

— M. Pascal était respecté parce qu’il parlait fortement, et M. Singlin se rendait lorsqu’on lui parlait avec force.

— La Mère Angélique de Saint-Jean faisait en quelque sorte sa cour à M. Pascal, et voulait se servir de lui pour mettre de la division entre M. Arnauld et M. Nicole ; car ni elle, ni beaucoup d’autres, ne pouvaient souffrir cette liaison, ni que M. Nicole gouvernât M. Arnauld.