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par les papes, à qui, disaient-ils, l’inspiration du Saint-Esprit ne manquait jamais. Mais cette opinion n’étant pas soutenable, les plus sensés se contentaient de dire qu’à la vérité on devait une foi à ces décisions, mais une foi simplement humaine et naturelle, fondée sur la vraisemblance de la chose. Cette distinction plaisait merveilleusement au nouvel archevêque ; il se flatta qu’en la bien établissant il accommoderait sans peine toutes choses, et engagerait tout le monde à signer. Il fit donc un mandement par lequel il ordonnait de nouveau à tous doyens, etc., de souscrire dans un mois le formulaire de foi mis au bas de son ordonnance, etc., à faute de quoi, etc. Mais dans ce même mandement il déclarait qu’à l’égard du fait, non seulement il n’exigeait pas une foi divine, mais qu’à moins d’être ignorant ou malicieux, on ne pouvait dire que ni les constitutions du pape, ni le formulaire des évêques l’eussent jamais exigée ; demandant seulement une foi humaine et ecclésiastique, qui obligeait à soumettre son jugement à celui de ses supérieurs. C’étaient ses termes.

Les défenseurs de Jansénius triomphèrent fort de cette ordonnance, qui établissait si nettement la distinction du fait et du droit, et traitait d’ignorante et de malicieuse une doctrine tant de fois avancée par leurs adversaires, et que les jésuites avaient soutenue dans des thèses publiques. Mais en même temps ils