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leur conscience pût être blessée. Le Père Ferrier parut approuver cette condition ; et bientôt après M. de Comminges reçut ordre du roi de se transporter à Paris, où le Père Ferrier s’était déjà rendu.

Lalane et Girard, deux célèbres docteurs, se trouvèrent aux conférences, au nom des défenseurs de Jansénius, et le Père Ferrier, au nom des jésuites. Ces deux docteurs présentèrent cinq articles, qui contenaient toute leur doctrine sur la matière des cinq propositions. Ce sont ces mêmes articles que les docteurs de Louvain ont encore, depuis quelques années, présentés au pape, et qui ont eu l’approbation de toute l’Église. Le Père Ferrier n’osa pas nier qu’ils ne fussent très catholiques, bien que très opposés à la doctrine de Molina, disant qu’il importait peu à l’Eglise que ses enfants fussent de l’opinion des thomistes ou de celle des jésuites. Il y eut seulement un endroit de l’un de ces articles où il souhaita quelque adoucissement, qui lui fut aussitôt accordé. Ainsi, tout le monde étant d’accord sur la doctrine, l’évêque de Comminges jugea l’affaire terminée, et il le fît ainsi entendre au roi. Mais le Père Ferrier, qui, comme nous avons dit, ne pensait à rien moins qu’à un accommodement, trouva bientôt moyen de le rompre, et, contre la parole donnée, déclara qu’il fallait encore convenir que la doctrine condamnée dans les cinq propositions était celle de Jansénius.