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par le fils de M. de Lamoignon, premier président. La proposition fut aussitôt déférée à la Faculté, qui se préparait à la condamner ; mais le premier président, pour ne pas vraisemblablement voir flétrir une thèse que son fils avait soutenue, empêcha la censure, et fit donner, sur la requête du syndic, un arrêt qui imposait silence à la Faculté.

Pendant que ces choses se passaient, il y avait eu un projet d’accommodement pour terminer la querelle du jansénisme. Les premières propositions en furent jetées par le Père Ferrier, jésuite de Toulouse. Ce jésuite, homme très fin, et qui songeait à se faire connaître à la cour, crut n’y pouvoir mieux réussir qu’en se mêlant d’une querelle si célèbre. Il le fit trouver bon au Père Annat, qui avait une grande idée de lui, et qui ne croyait pas que la cause des jésuites pût péricliter en de si bonnes mains. Le Père Ferrier donc s’adressa à M. de Choiseul, évêque de Comminges, et s’offrit d’entrer en conférence avec les défenseurs de Jansénius sur les moyens de donner la paix à l’Eglise. Ce prélat en écrivit aussitôt à M. Arnauld. Quelque défiance que ce docteur et les autres théologiens qui étaient dans la même cause eussent de la bonne foi de ces Pères, dans l’envie néanmoins d’assurer la paix de l’Église, ils offrirent de conférer, à condition qu’il ne serait point fait mention du formulaire, et qu’on n’exigerait rien d’eux dont