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douter qu’étant, comme nous l’avons vu, le principal auteur du formulaire, il n’en exigeât avec toute la rigueur imaginable la signature ? Déjà même les nouveaux grands-vicaires que le chapitre avait nommés comme pendant la vacance, s’empressant à lui faire leur cour, avaient publié un troisième mandement qui jetait la terreur dans tout le diocèse de Paris. Ils y réformaient tout ce qui leur semblait de trop modéré dans les précédents, réputaient nulles toutes les signatures faites avec restriction ou explication, et déclaraient suspects et interdits ipso facto tous les ecclésiastiques qui dans quinze jours n’auraient pas signé leur ordonnance. Mais ce zèle précipité n’eut aucune suite. On leur prouva leur incompétence par de bonnes raisons, et leur mandement tomba de lui-même. Si l’on en croit de fort grands prélats qui ont très particulièrement connu M. de Marca, cet archevêque était fort changé sur le sujet de son formulaire. Ils prétendent même qu’il était sérieusement touché du trouble que cette affaire avait excité, et qu’il n’attendait que ses bulles pour essayer tous les moyens de terminer les choses par la douceur. Quelles que fussent ses intentions, Dieu ne lui permit pas de les exécuter, et il mourut le jour même que ses bulles arrivèrent[1].

  1. Le 27 juin 1662 ; Pascal est mort le 19 août.