Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/177

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


les erreurs qu’ils ont jugées y être contraires. »

Les grands-vicaires portèrent à la cour cette déclaration, et employèrent tous leurs efforts pour l’y faire approuver. Ils y portèrent en même temps une déclaration à peu près semblable, que les religieuses du Val-de-Grâce et celles de quelques autres couvents leur avaient aussi présentée, et sans laquelle elles refusaient de signer. On ne leur parla point de ces autres religieuses ; mais ils eurent ordre de ne point admettre l’explication de celles de Port-Royal, et d’exiger d’elles une souscription pure et simple. Mais sur ces entrefaites, le cardinal de Retz ayant donné sa démission de l’archevêché de Paris, et le roi ayant nommé un autre archevêque[1], il ne fut plus question du mandement de ces grands-vicaires.

Cependant les jésuites, pour autoriser toutes ces violences, s’opiniâtraient de plus en plus à vouloir faire du fait de Jansénius un dogme de foi. Comme ils virent avec quelle facilité leurs adversaires avaient ruiné toutes les frivoles raisons sur lesquelles M. de Marca avait voulu fonder ce nouveau dogme, ils crurent que tout le mal venait de ce que ce prélat biaisait trop et ne parlait pas assez nettement. Pour y remédier, ils firent soutenir publiquement, dans leur collège de Clermont, une thèse où ils avancèrent

  1. Pierre de Marca.