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sion universelle, et que dans deux mois, si le mandement subsistait, il n’y avait plus de janséniste dans le royaume. Le Père Annat alla trouver ses bons amis, M. de Marca, auteur du formulaire, et M. l’archevêque de Rouen, président de l’Assemblée. Ceux-ci firent aussitôt parler les agents du clergé. On fit entendre au roi que le mandement des grands-vicaires avait excité un fort grand scandale, qu’il éludait le sens des constitutions, et rendait inutiles toutes les délibérations des prélats et les arrêts de Sa Majesté. Là-dessus les grands-vicaires sont mandés à Fontainebleau, où était la cour, et où étaient aussi en grand nombre Messieurs les prélats.

M. de Marca, toujours fort entêté de sa prétendue inséparabilité du fait et du droit, fit un grand discours pour persuader aux grands vicaires qu’ils n’avaient point dû séparer ces deux questions. Après qu’il eut fini, ils lui demandèrent par grâce qu’il voulût mettre ses raisons par écrit, afin qu’ils les pussent examiner plus à loisir. M. de Marca, de concert avec le Père Annat, fit l’écrit qu’on lui demandait ; et le lendemain les grands-vicaires lui apportèrent leurs observations, où toutes ses raisons étaient détruites de fond en comble. Il voulut leur répliquer par un autre écrit ; mais en moins de vingt-quatre heures cet écrit fut encore réfuté par de nouvelles observations, plus foudroyantes que les premières.