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lettres, et tous ces documents furent mis à la disposition de Racine. Il put en outre consulter à loisir une volumineuse histoire ecclésiastique du XVIIe siècle, les Mémoires manuscrits de Godefroi Hermant, qu’une religieuse de Port-Royal, la Mère Le Féron, mettait alors même en état de voir le jour. Racine semble bien n’avoir connu ni les Mémoires de Lancelot, ni ceux de Fontaine, ni ceux de son condisciple Du Fossé ; mais il n avait nul besoin de leur secours, puisqu’il puisait aux sources. Son récit a toujours été considéré comme définitif, et les historiens ultérieurs, les Clémencet, les Besoigne, les Bonaventure Racine, n’ont pas hésité à le citer textuellement.

À la mort de Racine, en 1699, le manuscrit de l’Histoire de Port Royal ne se trouva pas dans ses papiers ; il n’avait jamais parlé de cet ouvrage à son fils aîné Jean-Baptiste, et son autre fils, Louis, n’avait alors que sept ans. Boileau, qui était dans la confidence, vécut encore douze ans, et il ne trahit pas un secret qui l’aurait compromis lui-même aux yeux du roi. C’est en 1729 qu’il fut pour la première fois question dune histoire de Port-Royal écrite par Racine : l’ancien jésuite d’Olivet, historien de l’Académie française, disait alors qu’il en avait « vu de ses yeux un échantillon », et que si jamais cette histoire s’imprimait, Racine serait jugé aussi grand prosateur que grand poète. Treize années s’écoulèrent