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d’Athalie. Il semble bien qu’il faut avancer cette date de cinq ou six ans ; Racine écrivit probablement en 1697 la première partie de son Abrégé. Le cardinal de Noailles, très bien disposé alors pour les religieuses de Port-Royal, était depuis deux ans sur le siège archiépiscopal de Paris, et c’est pour éclairer la religion de ce prélat — Jean-Baptiste Racine le dit positivement — que l’Abrégé fut composé. L’ancien élève de l’avocat Le Maître, celui que Port-Royal aurait volontiers destiné au barreau, écrivit alors un de ces plaidoyers ou factums comme les avocats en présentaient aux juges pour les éclairer. Au lieu de rédiger simplement une apologie, il aima mieux faire parler les faits, et comme depuis vingt ans déjà, en sa qualité d’historiographe du roi, il maniait les documents et les pièces d’archives pour composer une œuvre d’art, il appliqua ses méthodes au nouveau travail qu’il entreprenait. Ainsi l’on peut dire que Louis XIV, en nommant Racine historiographe, l’a mis à même de faire une si belle histoire de Port-Royal ; et si Louis XIV avait su que Racine écrivait une pareille histoire, son premier soin eût été de le casser aux gages.

Personne n’avait encore songé à faire une histoire suivie du monastère de Port-Royal ; mais on avait accumulé depuis quarante ans les procès-verbaux, les relations, les articles nécrologiques, les recueils de