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Tout cela n’empêcha pas M. l’évêque de Laon, depuis cardinal d’Estrées, M. de Bassompierre, évêque de Saintes, et d’autres évêques des plus considérables, de s’élever avec beaucoup de fermeté contre le nouveau joug qu’on voulait imposer aux fidèles, en leur prescrivant la même créance pour les faits non révélés que pour les dogmes.

La brigue contraire l’emporta néanmoins sur toutes leurs raisons ; et le plus grand nombre fut, à l’ordinaire, de l’avis du président, c’est-à-dire de l’avis de la cour.

On enchérit encore sur les résolutions des dernières assemblées ; on ordonna de nouvelles peines contre ceux qui refuseraient de se soumettre. On comprit dans le nombre de ceux qui seraient obligés de signer le formulaire non seulement les religieux, mais même les régents et les maîtres d’école, chose jusqu’alors inouïe dans l’Église catholique, et qui n’avait été pratiquée que par les protestants d’Allemagne.

Le cardinal Mazarin mourut quinze jours après ces délibérations. Les défenseurs de Jansénius s’étaient d’abord flattés que cette mort apporterait quelque changement favorable à leurs affaires ; mais lorsqu’ils virent de quelles personnes le roi avait composé son conseil de conscience, et que c’étaient M. de Marca et le Père Annat qui y avaient la principale