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remettre sur le tapis l’affaire du jansénisme. Aussitôt tous les prélats de dehors furent mandés pour y travailler, et entre autres l’archevêque de Toulouse, qui n’était point de cette Assemblée, mais qui y vint plaider avec beaucoup de chaleur la cause de son formulaire. Il fit surtout de grandes plaintes d’un écrit qu’on avait fait contre ce formulaire, dont on avait renversé tous les principes par les propres principes que M. de Toulouse avait autrefois enseignés dans ses livres. Cet écrit était du même M. de Launoy dont nous avons déjà parlé, qui ne prenait, comme j’ai dit, aucun intérêt à la doctrine de saint Augustin ; mais qui, par la même raison qu’il n’avait pu souffrir de voir renversés par la censure de Sorbonne tous les privilèges de la Faculté, n’avait pu digérer aussi de voir toutes les libertés de l’Église gallicane et toute l’ancienne doctrine de la France renversées par le formulaire du clergé.

Celui qui présidait à l’Assemblée de 1660 était M. de Harlay, archevêque de Rouen. On peut juger qu’il ne négligea pas cette grande occasion de se signaler. Il eut plusieurs prises avec les plus illustres députés du premier et du second ordre qui lui semblaient trop favorables aux jansénistes, fit sonner haut dans tous ses avis la volonté du roi et les intentions de M. le cardinal Mazarin.