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rison, et qu’elle ne pouvait être que l’ouvrage de Dieu seul.

Les grands-vicaires de Paris, excités par la voix publique, furent obligés d’en faire aussi une exacte information, et après avoir rassemblé les certificats d’un grand nombre des plus habiles chirurgiens et de plusieurs médecins, du nombre desquels était M. Bouvard, premier médecin du roi, et pris l’avis des plus considérables docteurs de Sorbonne, donnèrent une sentence qu’ils firent publier, par laquelle ils certifiaient la vérité du miracle, exhortaient les peuples à en rendre à Dieu des actions de grâces, et ordonnaient qu’à l’avenir, tous les vendredis, la relique de la Sainte épine serait exposée dans l’église de Port-Royal à la vénération des fidèles. En exécution de cette sentence, M. de Hodencq, grand-vicaire, célébra la messe dans cette église avec beaucoup de solennité, et donna à baiser la sainte relique à toute la foule du peuple qui y était accourue.

Pendant que l’Église rendait à Dieu ces actions de grâces, et se réjouissait du grand avantage que ce miracle lui donnait sur les athées et sur les hérétiques, les ennemis de Port-Royal, bien loin de participer à cette joie, demeuraient tristes et confondus, selon l’expression du psaume. Il n’y eut point d’efforts qu’ils ne fissent pour détruire dans le public la créance de ce miracle. Tantôt ils accusaient les religieuses de