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dire une horloge de sable, qui était la mesure de ce temps : invention non moins odieuse en de pareilles occasions que honteuse dans son origine, et qui, au rapport du cardinal Palavicin, ayant été proposée au concile de Trente par quelques gens, fut rejetée avec détestation par tout le concile. Enfin, dans le dessein d’ôter entièrement la liberté des suffrages, le chancelier Séguier, malgré son grand âge et ses incommodités, eut ordre d’assister à toutes ces assemblées. Près de quatre-vingts des plus célèbres docteurs, voyant une procédure si irrégulière résolurent de s’absenter, et aimèrent mieux sortir de la Faculté que de souscrire à la censure. M. de Launoy même, si fameux par sa grande érudition, quoiqu’il fît profession publique d’être sur la grâce d’autre sentiment que saint Augustin, sortit aussi comme les autres, et écrivit contre la censure une lettre où il se plaignait, avec beaucoup de force, du renversement de tous les privilèges de la Faculté.

Le jour que cette censure fut signée [février 1656] parut aux jésuites un grand jour pour leur compagnie. Non seulement ils s’imaginaient triompher par là de M. Arnauld et de tous les docteurs attachés à la grâce efficace, mais ils croyaient triompher de la Sorbonne même, et s’être vengés de toutes les censures dont elle avait flétri les Garasse, les Santarel, les Bauny, et plusieurs autres de leurs Pères, puisqu’ils l’avaient