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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/420

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412 LETTRES ET DOCVMEKTS.

autres falles, chambres, galeries d’iceluy palais eftoient toutes pleines de tables leruies de mefraes pain, vin & viandes. Les nappes leuees pour lauer les mains furent prefentees deux fontaines artifi- cielles fus la table toutes inftrophiees de fleurs odo- rantes auecqucs compartimens à l’antique. Le deiïus defquelles ardoit de feu plaifant & redolent com- pofé d’eaue ardance mufquee : au deffouz par diuers canaux forcoit eaue d’Ange, eaue de Naphe, & eaue Rofe. Les grâces dites en mufique honnorable, fut par Labbat prononcée auecques fa grande Lyre, l’Ode que trouuerez icy à la fin, compofee par mondit Sei- gneur Reuerendiflîme.

Puis les tables leuees entrèrent tous les Seigneurs en la falle maiour, bien tapiffee & atournee. Là cuy- doit on que full : iouee vne Comédie, mais elle ne le fut, par ce qu’il eftoit ia plus de minuift : & au ban- quet que mon Seigneur ReuerendifTime Cardinal d’Armignac auoit fait au parauant en auoit efté iouee vne, laquelle plus fâcha que ne pleut aux alïïftans, tant à caufe de fa longueur & mines Ber- gamafques aiïez fades, que pour l’inuention bien froide, & argument triuial. En lieu de Comédie au fon des cornetz, hautzbois, facqueboutes, &c. entra vne compagnie de Matachins nouucaux, lefquelz grandement delefterent toute l’affiftance. Apres lef- quelz furent introduites plufieurs bandes de mafques, tant gentilzhommes que Dames d’honneur à riches deuifes & habillemens fumptueux. Là commença le bal, & dura iufques au iour. Lequel pendant mefdits Seigneurs ReuerendiiTimes, Ambaffadeurs, & autres Prelatz foy retirèrent en grande iubilation & con- tentement.

En ces tournoy & feftin ie notay deux chofes