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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/314

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Que ces feigneurs me feirent de leur grâce
Prefens plujicurs^ voire en puhlicque place ^
Et au priué. dont les cornes d’honneur
Prins de Moyfe, & prefage en bon heur.

Non feulement me feirent telle chère
Mais tous leurs gens, qui efl relique chère.
Car le penfer de ce tant bon recueil
Aie faid ouurir Vintelledîuel œil
Pour méditer qu’en telle feigneurie
A plus d’honneur, hors toute Jlaterie,
Plus de doulceur & plus d humilité
Cent mille foi^ qu’en la rujhcité
Des pallatins & groj bourgeois de ville,
Dont l’arrogance efl tant facheufe & vile
Et leur cuider fï trefprefumptueulx
Qu’on ne peut veoir entre eulx les vertueux,
Qui faiàl congnoijhe en groffe compaignée,
Les gens de bien, & de bonne lignée.

Or penfe donc tant deuot orateur
Que rien de moy n’a ejîé détenteur
De retourner veoir le tien hermitage
Fors feulement le petit tripotage
De plaiéîi, procès, & caufes que conduys
De plufîeurs gens, où peu le me defduys,
Mais contrainél fuis le faire pour le viure
De moy ma femme & enfans, car le Hure
D’vng orateur, ou fon plaifant diui’i
Alieulx ay mer ois, ainfi te foi t aduij.

Plus n’en auras, fors que me recomande
Trefhumblement à la tref noble bande
De ces feigneurs, dont i’ay deffus efcript,
En fup pliant le benoijl faindl efprit
Qu’à tous vous donne (t oélroye la vie
Du vieil Nejlor, en honneur fans enuie.