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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/266

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250 ALMANACH POVR LA\ 1535.

ment les chofes aduenir, pource que d’icelles la co- gnoiflance eft plus haute & admirable. Parce donc- ques qu’en cette vie tranfitoire ne peuuent venir à la perfeftion de ce fçauoir (car Tentendemenc n’ell : iamais raflafié d’entendre comme l’œil n’eft iamais fans conuoitile de voir, ny l’aureille de ouyr Ecclef. i.)& nature n’a rien fait fans caufe, ny donné appétit ou defir de chofe qu’on ne peull quelquefois obtenir, autrement feroit iceluy appétit ou fruftra- toire ou depraué, s’enfuit qu’vne autre vie eil : aprez cette-cy, en laquelle ce defir fera aiïbuui. le dis ce propos, pour autant que ie vous voids fufpens, attentifs, & conuoiteux d’entendre de moy prefente- ment l’eiiat & difpofition de cette année 1535. Et reputeriez en gaing mirifique, fi certainement on vous en predifoit la vérité. Mais fi à cettuy feruent defir voulez fatisfaire entièrement, vous conuient fouhaiter (comme S. Pol difoit Philipp. i. Cupio diffolui & en"e cum Chrillo) que vos âmes foient hors mifes cette chartre tenebreufe du corps terrien, & iointes à lefus le Chrift. Lors cefleront toutes paflions, affeftions, & imperfedions humaines, car en iouyffance de luy aurons plénitude de tout bien, tout fçauoir, & perfedion, comme chantoit iadis le Roy Dauid, pfal. 16. Tune fatiabor, cum appa- ruerit gloria tua. Autrement en prédire, feroit légè- reté à moy, comme à vous fimplelTe d’y adioufter foy. Et n’eft encores depuis la création d’Adam né homme, qui en ait traité, ou baillé chofe, à quoy l’on deuft acquiefcer & arrefter en aïïeurance. Bien ont aucuns fiudieux réduit par efcrit quelques obferuations quilz ont pris de main en main. Et c’eft ce que toufiours i’ay protellé, ne voulant par mes prognoftics eftre en façon quelconque conclud