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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/222

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214- APPENDICE.

quand on en prefTure de ce plan, lix moys après il n’y a pas vn de mefïïeurs qui ne s’en fente. Quand ces meflleurs furent leuez Pantagruel pria Gain- gnebeaucoup, qu’il nous menail en ce grand pref- fouër : ce qu’il û\\ volontiers. Si toll que fufmes entrez Epillemon qui entendoit toutes langues, commença à monftrer à Pantagruel les deuifes du prefTouër, qui efloit grand & beau, fait à ce que nous dit Gaingnebeaucoup du boys de la croix : car lur chacun vtencile eftoyent efcripts les noms de chacune chofe en langue du pays. La viz du pref- fouër s’appelloit recepte * : la mets, defpenfe : lecrouë, eftat : le teflbn, deniers comptez & non receuz : les fufts, fouffrance : les belliers, radietur : les iumelles, recuperetur : les cuues, plus valleur : les anfees, rooles : les foullouaires, acquits : les hottes, valida- tion : les portoires, ordonnance vallable : les leilles, le pouuoir : l’entonnoir, le quittus. Par la royne des Andouilles, dilt Panurge, toutes les hiérogly- phiques d’Égypte n’approchèrent iamais de ce iar- gon, que diable ces mots là rencontrent de picques comme crottes de cheure. Mais pourquoy, mon compère, mon amy, appelle-on ces gens icy igno- rans ? Par ce, dill : Gaingnebeaucoup, qu’ils ne font & ne doyuent nullement eftre clercs, & que céans par leur ordonnance tout fe doibt manier par igno- rance, & n’y doibt auoir raifon, fmon que meflleurs l’ont dit, meflieurs le veulent, meflleurs l’ont ordonné. Par le vray Dieu, dill Pantagruel, puis qu’ils gaingnent tant aux grappes le ferment leur peut beaucoup valloir. En doubtez vous } dift Gain- gnebeaucoup. Il n’eft mois qu’ils n’en ayent, ce n’eft pas comme en vos pays où le ferment ne vous vault rien qu’vne fois l’année. De là pour nous mener par