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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/221

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CHAP. XVI DV CINQVIESME LIVRE, 213

dont pas vn ne preffuraft de l’huyle d’or, tant que la poure grappe fut ramportee fi feiche & efplucliee qu’il n’y auoit plus iuft ne liqueur du monde. Or nous comptoit Gaingnebeaucoup qu’ils n’ont pas fou- uent ces groiïcs grappes là : mais qu’ils en ont tou- fiours d’autres fur le prefTouër. Mais mon compère, dill Panurge, en ont ils de beaucoup de plans r* Ou ; ,’, dit Gaingnebeaucoup, voyez vous bien celle la petite que voyez qui s’en va remettre au preiïoucr. elle eft du plan des décimes : ils en tirèrent defia l’autre iour iufques au prelîurage, mais l’huyle fentoit le colïre au prellre, & mcflieurs n’y trouue- rcnt pas grand appigrets. Pourquoy donc, dift Pan- tagr.iel, la remettent ils au preflouër r* Pour veoir, dit Gaingnebeaucoup, s’il y a point quelque omil- ilon de lus ou recepte dans le marc. Et vertu Dieu, dit frère lean, appeliez vous ces gens là ignorans ? comme diable, ils tireroyent de l’huyle d’vn mur. Auflî font-ils, dift Gaingnebeaucoup : car louuent ils mettent au prefTouër des chafteaux^ des-, parcs, des forefts, & de tout en tirent l’or potable : vous voulez dire portable, dit Epiflemon. le ày potable, dift Gaingnebeaucoup, car Ion en boit céans mainte bouteille que Ion ne beuroit pas. Il y en a de tant de plants que Ion n’en fçait le nombre. PafTez iufques icy & voyez dans ce courtil, en voyla plus de mille qui n’attendent que l’heure de eftre prefTurez, en voyla du plan gênerai, voyla du particulier, des fortifications, des emprunts, des dons, des cafuels, des dommaines, des menuz plaifirs, des poftes, des offrandes, de la maifon. Et qui eft cefte grofTe là à qui toutes ces petites font à l’enuiron } C’eft, dit Gaingnebeaucoup, de l’ef- pargne, qui eft le meilleur plan de tout ce pays :