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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/201

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PROLOGVE DV QVART LIVRE. I93

la ville^ requérant luy eftre donnée audience, pour certain négoce concernant le bien public. A fa requefte fut filence faict en expeftation d’entendre chofes d’importance, veu qu’il eftoit au confeil venu, qui tant d’années au parauant s’elloit abfenté de toutes compagnies, & viuoit en fon priué. Adonc leur dift : Hors mon lardin fecret deffoubz le mur eft vn ample, beau, & infigne figuier, auquel vous autres mefïïeurs les Athéniens dcfcfperez hommes, femmes, iouuenceaux & pucelles, auez de couftume à l’efcart vous pendre & eftrangler. le vous aduerty, que pour accommoder ma maifon, ié délibéré dedans huitaine démolir iceluy figuier : pourtant quicon- ques de vous autres & de toute la ville aura à fe pendre, s’en depefche promptement : le terme fufdift expiré n’auront lieu tant apte, ne arbre tant com- mode. A fon exemple ie dénonce à ces calumniateurs diaboliques, que tous ayent à fe pendre dedans le dernier chanteau de cefte lune. le les fourniray de licolz. Lieu pour fe pendre ie leur affigne entre midy & faueroles. La Lune renouuellee, ilz n’y feront receuz à fi bon marché, & feront contrainftz eulx mefmes à leurs defpens achapter cordeaux, & choifir arbre pour pendaige : comme feift la fei- gnore Leontium, calumniatrice du tant docte & élo- quent Theophralle.

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