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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/187

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CHAPITRE XLVII. 179

lieu aucun circonferance, que nous appelions dieu. Et venus en voflre monde portez tefmoignage que fous terre font les grands trefors, & choies admi- rables, & non à tort, Ceres ia reueree par tout l’vniuers, par ce qu’elle auoit monftré, & enfeigné l’art d’agriculture, & par inuention de bled, aboly entre les humains le brutal aliment de gland, a tant & tant lamenté, de ce que fa fille fut en nos régions fubterraines rauie : certainement preuoyant que fous terre plus trouueroit fa fille de biens & excellences, qu’elle fa mère n’auoit fai£l deffus. Qu’eit deuenu l’arc d’euoquer des cieux la foudre, & le feu celefte iadis inuenté par le fage Prometheus r^ vous certes l’auez perdu, il efl : de vofte hemifphere departy, icy fous terre eft en vfage. Et à tort quelquefois vous efbahiflez voyans villes conflagrer & ardre par foudre & feu Etheré, & ignorans de qui, & par qui, & quelle part tiroit certuy efclandre horrible à voftre afpeft, mais à nous familier & vtile. Vos Philofophes qui fe complaignent toutes chofes eftre par les anciens efcriptes, rien ne leur eftre laiiïé de nouueau à inuenter, ont tort trop euident. Ce que du ciel vous apparoift, & appeliez Phéno- mènes, ce que la terre vous exhibe, ce que la mer & autres fleuues contiennent, n’eft comparable à ce qui eft en terre caché. Pourtant eft equitablement le foubterrain dominateur prefques en toutes langues nommé par epithete de richefîes. Ils quant leur eftude addonneront & labeur à bien rechercher par implo- ration de Dieu fouuerain, lequel iadis les Egyptiens nommoient en leur langue l’abfcond, le muiïe, le caché, & par ce nom l’inuoquant fupplioient à eux fe manifefter & defcouurir, leur eflargiflant cognoif- fance & de foy & de fes créatures, par auffi con-