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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/130

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122 LE CINQVIESME LIVRE.

poiiïbns d’Auril : ce font maquereaux : les féconds bénéfiques remores : c’etl fempicernicé de procès fans fin de iugement. l’y vy des Sphynges, des Raphes, des Oinces, des Cephes, lefquels ont les pieds de deuant comme les mains, & ceux de derrière comme les pieds d’vn homme : des Crocutes, des Eales, lefquels font grands comme hippopotames, la queue comme Elephans, les mandibules comme Sangliers, les cornes mobiles, comme font les aureilles d’Afne : des Cucrocutes beftes tres-legeres, grandes comme Afnes de mirebalais, ont le col, la queue & poitrine comme vn Lion, les iambes comme vn Cerf, la gueule fendue iufques aux aureilles, & n’ont autres dents qu’vne deiTus, & vne autre deflbus : elles par- lent de voix humaine, mais lors mot ne fonnerent. Vous dites qu’on ne vit onques Aire de facre : vrayement i’y en vy onze, & le notez bien. l’y vy des hallebardes gaucheres ; ailleurs n’en auois veu. l’y vy des Menthichores, beftes bien eftranges, elles ont le corps comme vn Lion, le poil rouge, la face & les aureilles comme vn homme, trois rangs de dents entrant les vues dedans les autres, comme fi vous entrelalTiez les doigts des deux mains les vns dedans les autres : en la queue elles ont vn aiguillon, duquel elles poignent, comme font les Scorpions : & ont la voix fort melodieufe. l’y vy des Cato- blepes, beftes fauuages, petites de corps, mais elles ont les teftes grandes, fans proportion, à peine les peuuent leuer de terre, elles ont les yeux tant vénéneux, que quiconques les voit meurt foudaine- ment, comme qui verroit vn bafilic. l’y vy des beftes à deux dos, lefquelles me fembloient ioyeufes à merueilles & copieufes en culetis, plus que n’eft la mocitelle, aueques fempiternel remuement de cro-