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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/112

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104 ^E CINQVIESME LIVRE.

tant à caufe des foaliers ronds, que de la braguette précédente. La face auiTi derrière rafe & peinte ru- dement, auec deux yeux vne bouche, comme vous voyez es nois indiques. S’ils alloient de ventre, vous euffiez penfé que fuffent gens iouans au cha- pifou. C’elloit belle choie de les voir.

Leur manière de viure eftoit telle. Le clair luci- fer commençant apparoiftre fus terre, ils s’entrebot- toient, &efperonnoientrvn l’autre, par charité. Ainfi bottez & efperonnez dormoient, ou ronfloient pour le moins : & dormans auoient bezicles au nez, ou lunettes pour pire.

Nous trouuions cefte façon de faire eil : range : mais ils nous contentèrent en la refponfe : nous remonflrans que le iugement final, lors que feroit, les humains prendroient repos & fommeil, pour donques euidentement monftrer, qu’ils ne relFulbient y comparoirtre, ce que font les fortunez, ils fe tenoient bottez, efperonnez, & prefts à monter à cheual, quant la trompette fonneroit.

Midy fonnant (notez que leurs cloches efloient, tant de l’horloge, que de l’Eglife, & refedoir, faiftes, félon la diuife Pontiale, fauoir eft, de fin dumet contrepointé, & le batail eftoit d’vne queue de renard) Midy donques fonnant ils s’eueilloient & defbottoient, pifToient qui vouloit, & efmoutif- foient, qui vouloit, efternuoient, qui vouloit. Mais tous par contrainte, ftatut rigoureux, amplement & copieufement baifloient, fe defieunoient de bailler. Le fpeftacle me fembloit plaifant : car leurs bottes & efperons mis fur vn rall ; elier, ils defcendoient aux cloillres, là fe lauoient curieufement les mains & la bouche, puis s’aiïeoient fus vne longue felle, & fe curoient les dens iufques à ce que le Preuoft fift