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Page:Rabelais marty-laveaux 03.djvu/103

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CHAPITKt XXIIII. 95

femblablement vertueufe monftrer à Ion nouueau aduenement. Fut le combat rcnouuellé plus ardent que deaant. Mille rufcs, mille aiïaulx, mille defmarches furent faides, tant d’vn coité que d’autre : fi bien que la Royne argentée clandeftinement entra en la tante du Roy auré difant, Dieu vous gard. Et ne peuft eftre lecouru que par fa nouuelle Royne. Icelle ne fill difficulté de foy oppofer pour le fauuer. Adon- ques le Cheualier argenté voltigeant de tous collez fe rendoit près fa Royne, & mifrent le Roy auré en tel defarroy qye pour fon falut luy conuint perdre fa Royne. Mais le Roy auré print le Cheualier argenté. Ce nonobftant l’Archer auré auec deux Nymphes qui reftoient à toutes leurs puiflances defendoient leur Roy, mais en fin tous furent prins & mis hors le camp : & demeura le Roy auré feul. Lors de toute la bande argentée luy fut dit en profonde reuerence, bon iour, comme reliant le Roy argenté vainqueur. A laquelle paroUe les deux compagnies des muficiens commencèrent enfemble fonner, comme viftoire. Et print fin ce premier bal en tant grande allegreffe, gelïes tant plaifans, main- tien tant honnefte, grâces tant rares, que nous fufmes tous en nos elprits rians comme gens eclla- tiques : & non à tord nous iembloit que nous fuf- fions tranfportez es fouueraines délices & dernière félicité du ciel Olimpe.

Fini le premier tournay retournèrent les deux bandes en leur affiette première, & comme auoient combatu parauant ainli commencèrent à combatre pour la féconde fois : excepté que la mulique fut en fa mefure ferrée dVn demy temps, plus que la précé- dente, les progrez auiïi totalement differens du pre- mier. Là ie vy que la Royne auree comme defpitee