Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée
80
le tiers livre.


tines, faisoient certains preambules notables avant entrer en l’eclise. Fiantoient aux fiantoirs, pissoient aux pissouoirs, crachoient aux crachoirs, toussoient aux toussoirs melodieusement, resvoient aux resvoirs, affin de rien immonde ne porter au service divin. Ces choses faictes, devotement se transportoient en la saincte Chapelle (ainsi estoit en leurs Rebus nommée la cuisine claustrale) & devotement sollicitoient que dès lors feust au feu le beuf mis pour le desieuner des religieux frères de nostre seigneur. Eulx mesmes souvent allumoient le feu soubs la marmite. Or est que matines ayant neuf leçons, plus matin se levoient par raison. Plus aussi multiplioient en appetit & alteration aux abboys du parchemin : que matines estantes ourlées d’une, ou trois leçons seulement. Plus matin se levans, par la dicte Caballe, plus tost estoit le beuf au feu : plus y estant, plus cuict restoit : plus cuict restant, plus tendre estoit, moins usoit les dens, plus delectoit le palat : moins grevoit le stomach, plus nourrissoit les bons religieux. Qui est la fin unicque & intention première des fondateurs : en contemplation de ce qu’ilz ne mangent mie pour vivre, ils vivent pour manger, & ne ont que leur vie en ce monde. Allons Panurge.

A ceste heure (dist Panurge) te ay ie entendu couillon velouté, couillon claustral & Cabalicque. Il me y va du propre cabal. Ie me contente des despens : puys que tant disertement nous as faict repetition sus le chapitre singulier de la Caballe culinaire & monasticque. Allons Carpalim. Frère Ian mon baudrier allons. Bon iour tous mes bons seigneurs. I’avoys assez songé pour boyre. Allons.