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Excuse de Panurge & exposition de Caballe monasticque en matière de beuf sallé.

Chapitre XV.



Dieu (dist Panurge) guard de mal qui void bien & n’oyt goutte. Ie vous voy tresbien, mais ie ne vous oy poinct. Et ne sçay que vous dictez. Le ventre affamé n’a poinct d’aureilles. Ie brame par Dieu de mal rage de faim. I’ay faict courvée trop extraordinaire. Il sera plus que maistre mousche, qui de cestuy an me fera estre de songeailles. Ne souper poinct de par le Diable ? Cancre. Allons frère Ian desieuner. Quand i’ay bien à poinct desieuné, & mon estomach est bien à poinct assené & agrené, encores pour un besoing & en cas de necessité me passeroyz ie de dipner. Mais ne soupper poinct ? Cancre. C’est erreur. C’est scandale en nature. Nature a faict le iour pour soy exercer, pour travailler, & vacquer chascun en sa neguociation : & pour ce plus aptement faire, elle nous fournist de chandelle, c’est la claire & ioyeuse lumière du Soleil. Au soir elle commence nous la tollir : & nous dict tacitement. Enfans vous estez gens de bien. C’est assez travaillé. La nuyct vient : il convient cesser du labeur : & soy