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le tiers livre.


beau, fillol (dist Pantagruel) tout beau. Ouvrez pour la seconde foys. Lors rencontra ce vers.

Membra quatit, gelidusque coït sormidine sanguis.
Les os luy rompt, & les membres luy casse,
Dont de la paour le sang on corps luy glasse.

Il denote (dist Pantagruel) qu’elle vous battera dos & ventre. Au rebours (repondist Panurge) C’est de moy qu’il prognosticque, & dict, que ie la batteray en Tigre si elle me fasche. Martin baston en fera l’office. En faulte de baston, le Diable me mange, si ie ne la mangeroys toute vive : comme la sienne mangea Cambles roy des Lydiens. Vous estez (dist Pantagruel) bien couraigeux. Hercules ne vous combatteroit en ceste fureur : mais c’est ce que l’on dict, que le Ian en vault deux. & Hercules seul n’auza contre deux combattre. Ie suis Ian ? dist Panurge. Rien, rien, repondist Pantagruel. Ie pensois au ieu de l’ourche & tricquerac.

Au tiers coup rencontra ce vers.

Fæmino prædæ et spoliorum ardebat amore.
Brusloit d’ardeur en feminin usaige
De butiner, & robber le baguaige.

Il denote (dist Pantagruel) qu’elle vous desrobera. Et ie vous voy bien en poinct, scelon ces troys sors. Vous serez coqu, vous serez batu, vous serez desrobé. Au rebours, (repondist Panurge) ce vers denote, qu’elle m’aymera d’amour perfaict. Oncques n’en mentit le Satyricque, quand il dist : que femme bruslant d’amour supreme, prent quelquefoys plaisir à desrobber son amy. Sçavez quoy ? Un guand, une aiguillette, pour la faire chercher. Peu de chose, rien