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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/468

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Comment Homenaz donna à Pantagruel des poires de bon Christian.

Chapitre LIIII.



Epistemon, frère Ian, & Panurge voyans ceste fascheuse catastrophe, commencèrent au couvert de leurs serviettes crier, Myault, myault, myault, faignans ce pendent de s’essuer les œilz, comme s’ilz eussent ploré. Les filles feurent bien aprises, & à tous præsentèrent pleins hanatz de vin Clementin, avecques abondance de confictures. Ainsi feut de nouveau le bancquet resiouy. En fin de table Homenaz nous donna grand nombre de grosses & belles poyres, disant.

Tenez amis. Poires sont singulières : les quelles ailleurs ne trouverez. Non toute terre porte tout. Indie seule porte le noir Ebène. En Sabée provient le bon encent. En l’isle de Lemnos la terre Sphragitide. En ceste isle seule naissent ces belles poires. Faictez en, si bon vous semble, pepinières en vos pays.

Comment, demanda Pantagruel, les nommez vous ? Elles me semblent tresbonnes, & de bonne eau. Si on les cuisoit en Casserons par quartiers avecques un peu de vin & de sucre, ie pense que seroit viande