Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée
36
le tiers livre.


faille debvoir, iamais ne faille prester. Il n’est si riche qui quelques foys ne doibve. Il n’est si paouvre, de qui quelques foys on ne puisse emprunter. L’ocasion sera telle que la dict Platon en ses loix, quand il ordonne qu’on ne laisse chez soy les voysins puiser eau, si premierement ilz n’avoient en leurs propres pastifz foussoyé & beché iusques à trouver celle espèce de terre qu’on nomme Ceramite (c’est terre à potier) & là n’eussent rencontré source ou degout d’eaux. Car icelle terre par sa substance qui est grasse, forte, lize, & dense, retient l’humidité, & n’en est facilement fait escours ne exhalation. Ainsi est ce grande vergouigne, touisours, en tous lieux, d’un chascun emprunter, plus toust que travailler & guaingner. Lors seulement debvroit on (selon mon iugement) prester, quand la personne travaillant n’a peu par son labeur faire guain : ou quand elle est soubdainement tombée en perte inopinée de ses biens. Pourtant laissons ce propos, & dorenavant ne vous atachez à crediteurs : du passé ie vous delivre.

Le moins de mon plus (dist Panurge) en cestuy article sera vous remercier : & si les remerciemens doibvent estre mesurez par l’affection des biensfaicteurs, ce sera infiniment, sempiternellement : car l’amour que de vostre grace me portez, est hors le dez d’estimation, ils transcende tout poix, toute mesure, il est infiny, sempiternel. Mais le mesurant au qualibre des biensfaictz, & contentement des recepvans, ce sera assez laschement. Vous me faictez des biens beaucoup, & trop plus que m’appartient, plus que n’ay envers vous deservy, plus que ne requeroient mes merites, force est que le confesse : mais non mie tant que pensez en cestuy article. Ce n’est là que me deult, ce n’est là que me cuist &