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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/437

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Comment le petit Diable feut trompé par un laboureur de Papefiguière.

Chapitre XLVI.



La my Iuilet venue le Diable se representa au lieu acompaigné d’un escadron de petitz Diableteaulx de cœur. Là rencontrant le Laboureur, luy dist. Et puys villain comment t’es tu porté depuys ma departie ? Faire icy convient nos partaiges.

C’est (respondit le laboureur) raison.

Lors commença le Laboureur avecques ses gens seyer le bled. Les petitz Diables de mesmes tiroient le chaulme de terre. Le Laboureur battit son bled en l’aire, le ventit, le mist en poches, le porta au marché pour vendre. Les Diableteaulx feirent de mesmes, & au marché près du Laboureur pour leur chaulme vendre s’assirent. Le Laboureur vendit tresbien son bled, & de l’argent emplit un vieulx demy brodequin, lequel il portoit à sa ceincture. Les Diables ne vendirent rien : ains au contraire les paizans en plein marché se mocquoient d’eulx.

Le marché clous dist le Diable au Laboureur. Villain tu me as ceste foys trompé, à l’aultre ne me tromperas.

Monsieur le