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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/429

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chapitre xliii.


les pluviers, qui la sont en abondance & vivent de mesmes diète. Ie advisay que ainsi comme vous Beuveurs allans par pays portez flaccons, ferrières, & bouteilles, pareillement chascun à sa ceincture portoit un beau petit soufflet. Si par cas vent leurs failloit, aceques ces ioliz souffletz ilz en forgeoient de tout frays, par attraction & expulsion reciprocque, comme vous sçavez que vent en essentiale definition n’est aultre chose que air flottant & undoyant.

En ce moment de par leur Roy nous feut faict commandement que de troys heures n’eussions à retirer en nos navires home ne femme du pays. Car on luy avoit robbé une vèze plène du vent propre que iadis à Ulysses donna le bon ronfleur Æolus pour guider sa nauf en temps calme. Lequel il guardoit religieusement, comme un aultre Sangreal, & en guerissoyt plusiseurs enormes maladies : seulement en laschant & elargissant es malades autant qu’en fauldroit pour forger un pet virginal : c’est ce que les Cantimoniales appellent sonnet.