Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée
34
le tiers livre.

mains, œilz, tous : & lors sont faictz debteurs, qui paravant estoient presteurs. Par le ventricule gausche il le faict tant subtil, qu’on le dict spirituel : & l’envoye à tous les membres par ses artères, pour l’autre sang des vènes eschauffer & esventer. Le poulmon ne cesse avecques es lobes & souffletz le refraischir. En recongnoissance de ce bien le Cœur luy en depart le meilleur par la vène arteriale. En fin tant est affiné dedans le retz merveilleux, que par à present sont faictz les espritz animaulx, moyenans les quelz elle imagine, discourt, iuge, resoust, delibère, ratiocine, & rememore. Vertus guoy ie me naye, ie me pers, ie m’esguare, quand ie entre on profond abisme de ce monde ainsi prestant, ainsi doibvant. Croyez que chose divine est prester : debvoir est vertus Heroïcque.

Encores n’est ce tout. Ce monde prestant, doibvant, empruntant, est si bon, que ceste alimentation parachevée, il pense desià prester à ceulx qui ne sont encores nez : & par prest se perpetuer s’il peult, & multiplier en images à soy semblables, ce sont enfans. A ceste fin chascun membre du plus precieux de son nourrissement decide & roigne une portion, & la renvoye en bas : nature y a præparé vases & receptacles opportuns, par les quelz descendent es genitoires en longs ambages & flexuositez : reçoit forme competente, & trouve lieux idoines tant en l’homme comme en la femme, pour conserver & perpetuer le genre humain. Ce faict le tout par prestz & debtes de l’un à l’autre : dont est dict le debvoir de mariage. Poine par nature est au refusant interminée, acre vexation parmy les membres, & furie parmy les sens : au prestant loyer consigné, plaisir, alaigresse, & volupté.