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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/392

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le quart livre.


d’asne : les œilz hors la teste fichez sus des os semblables aux talons, sans soucilles, durs comme sont ceulx des Cancres : les pieds ronds comme pelottes : les braz & mains tournez en arrière vers les espaules. Et cheminoient sus leurs testes, continuellement faisant la roue, cul sus teste, les pieds contremont. Et (comme vous sçavez que es Cingesses semblent leurs petits Cinges plus beaulx que chose du monde) Antiphysie louoit, & s’efforçoit prouver que la forme de ses enfans plus belle estoit, & advenente, que des enfans de Physis : disant que ainsi avoir les pieds & teste sphæricques, & ainsi cheminer circulairement en rouant estoit la forme competente & perfaicte alleure retirante à quelque portion de divinité : par laquelle les cieulx & toutes choses eternelles sont ainsi contournées. Avoir les pieds en l’air, la teste en bas estoit imitation du createur de l’Univers : veu que les cheveulx sont en l’home comme racines : les iambes comme rameaux. Car les arbres plus commodement sont en terre fichées sus leurs racines, que ne seroient sus leurs rameaux. Par ceste demonstration alleguant que trop mieulx & plus aptement estoient ses enfans comme une arbre droicte, que ceulx de Physis : les quel estoient comme une arbre renversée. Quant est des braz & des mains, prouvoit que plus raisonnablement estoient tournez vers les espaules : par ce que ceste partie de corps ne doibvoit estre sans defenses : attendu que le davant estoit competentement muny par les dens. Des quelles la personne peut non seulement user en maschant sans l’ayde des mains : mais aussi soy defendre contre les choses nuisantes. Ainsi par le temoignage & astipulation des bestes brutes tiroit tous les folz & insensez en sa sentence, & estoit en admiration à toutes gens