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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/371

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chapitre xxvi.


Pherecydes Syrien præcepteur de Pythagoras, le poëte Gregeoys Alcman, & aultres) & prevoyant que à sa mort les Iuifz feroient feu de ioye, feist en son Serrail de toutes les villes, bourguades, & chasteaulx de Iudée tous les nobles & magistratz convenir, soubs couleur & occasion fraudulente de leurs vouloirs choses d’importance communicquer pour le regime & tuition de la province. Iceulx venuz & comparens en persones feist en l’hippodrome du Serrail reserrer. Puys dist à sa sœur Salomé, & à son mary Alexandre. Ie suys asceuré que de ma mort les Iuifz se esiouiront, mais si entendre voulez, & executer ce que vous diray, mes exèques seront honorables, & y sera lamentation publicque. Sus l’instant que seray trespassé, faictez par les archiers de ma guarde, es quelz i’en ay expresse commission donné, tuer tous ces nobles & magistratz, qui sont céans reserrez. Ainsi faisans toute Iudée maulgré soy en deuil & lamentation sera, & semblera es estrangiers, que ce soyt à cause de mon trespas : comme si quelque ame Heroique feust decedée. Autant en affectoit un desesperé tyrant, quand il dist. Moy mourant la terre soyt avecques le feu meslée, c’est à dire, perisse tout le monde. Lequel mot Neron le truant changea disant, moy vivent : comme atteste Suetone. Ceste detestable parole, de laquelle parlent Cicero lib. 3. de Finibus. & Senecque lib. 2. de Clemence, est par Dion Nicæus, & Suidas attribuée à l’empereur Tibère.