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Page:Rabelais marty-laveaux 02.djvu/363

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Comment par frère Ian Panurge est declairé avoir eu paour sans cause durant l’oraige.

Chapitre XIIII.



Bon iour Messieurs, dist Panurge, bon iour trestous. Vous vous portez bien trestous, Dieu mercy & vous ? Vous soyez les bien & à propous venuz. Descendons. Hespalliers hau, iectez le pontal : approche cestuy esquif. Vous ayderay ie encores là ? Ie suys allouy & affamé de bien faire & travailler, comme quatre bœufz. Vrayement voycy un beau lieu, & bonnes gens. Enfans avez vous encores affaire de mon ayde ? N’espargnez la sueur de mon corps, pour l’amour de Dieu. Adam, c’est l’home, nasquit pour labourer & travailler, comme l’oyseau pour voler. Nostre Seigneur veult, entendez vous bien ? que nous mangeons nostre pain en la sueur de nos corps : non par rien ne faisans, comme ce penaillon de moine que voyez, frère Ian qui boyt, & meurt de paour. Voycy beau temps. A ceste heure congnois ie la response de Anacharsis le noble philosophe estre veritable, & bien en raison fondée, quand il interrogé, quelle navire sembloit la plus sceure, respondit : celle qui seroit on port.